Il existe aujourd’hui une multitude de façons de communiquer et de s’exprimer. La plupart impliquent l’utilisation de mots, ou du langage, comme moyen de communication. Alors que de nombreuses personnes sont incapables de s’exprimer dans cet intervalle limité, une technique spécifique permet d’exprimer ses sentiments par le biais de toute forme d’art. C’est l’art-thérapie.

Pablo Picasso a dit : « Dans chaque enfant, il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant. »

Nous naissons tous avec un potentiel artistique. Faites le test : mettez deux enfants dans une pièce avec des murs blancs, donnez-leur une boite de crayons et observez le résultat 30 minutes plus tard. Vous verrez qu’ils n’ont aucun problème à exprimer leur créativité.

Pour certains, cet élan créatif évolue avec l’âge, pour d’autres, il s’éteint carrément. Une majorité d’adultes laissent leur imaginaire en friche car ils associent créativité avec compétences, qu’ils pensent ne pas avoir. Mais ces deux notions sont indépendantes. Si les compétences permettent d’améliorer une technique, la créativité n’exige rien d’autre qu’une action.

Il n’est pas nécessaire de maîtriser le dessin comme Leonard de Vinci pour représenter une personne. Un tableau cubiste en est l’illustration parfaite. Bref, pour faire simple : tout le monde est artiste et tout le monde est capable de s’exprimer de façon créative.

Les origines

Bien que l’art-thérapie soit une pratique relativement nouvelle, l’art est utilisé comme moyen d’expression depuis la nuit des temps. Et au-delà.

Ce n’est qu’à partir des années 1940 qu’il est envisagé comme outil thérapeutique. En Angleterre, l’artiste Adrian Hill, traité dans un sanatorium pour la tuberculose, suggère de participer à des projets artistiques avec d’autres patients. Il remarque que le dessin et la peinture sont des exutoires créatifs significatifs.

Les résultats sont probants. En 1945, il publie ses observations dans le livre Art Versus Illness (« Art contre maladie ») et utilise pour la première le terme « art-thérapie ». L’ouvrage est remarqué, notamment par des spécialistes de la santé mentale qui s’en inspirent pour traiter différents sortes de troubles psychiatriques.

À la même période, aux États-Unis, la psychiatre Margaret Naumburg travaille sur la signification des symboles et utilise l’art comme outil principal de traitement. Pour elle, les enfants autorisés à s’exprimer de manière créative bénéficieraient d’un développement plus sain.

Influencée par la psychanalyse de Freud et Jung, Naumburg considère le processus créatif comme un moyen mettre au jour des pensées et des émotions refoulées. Elle pense que la combinaison de l’expression symbolique et des aspects cognitifs et verbaux de l’expérience peut mener à la guérison lors d’une séance d’art-thérapie. Elle a publié plusieurs ouvrages sur l’art-thérapie qui servent encore de référence aujourd’hui.

Qu’est-ce que l’art-thérapie?

Parfois appelée thérapie par les arts créatifs (ou expressifs), cette technique thérapeutique est fondée sur l’idée selon laquelle l’expression créative peut améliorer le bien-être mental, physique et émotionnel. Son objectif consiste à aider les participants à exprimer et à comprendre leurs émotions par le biais de l’art.

Cette forme de thérapie associe les théories et techniques psychothérapeutiques traditionnelles à une compréhension des aspects psychologiques du processus de création, en particulier des propriétés affectives des différents matériaux artistiques.

A travers le dessin, la peinture, la coloration, la sculpture, la photographie ou le collage (liste non exhaustive), les personnes apprennent à explorer leurs émotions, développer leur conscience de soi, faire face au stress, renforcer leur estime de soi et améliorer leurs aptitudes sociales.

Aucun talent artistique n’est nécessaire pour que l’art-thérapie réussisse, car le processus thérapeutique ne concerne pas la valeur artistique du travail, mais plutôt la recherche d’associations entre les choix créatifs faits et la vie intérieure. Les œuvres d’art peuvent être utilisées comme un tremplin pour réveiller des souvenirs et raconter des histoires qui peuvent révéler des messages et des croyances de l’inconscient.

Un outil thérapeutique performant

L’art-thérapie est très pertinent pour les enfants et les adolescents qui trouvent là un moyen d’expression qui va au-delà des mots.

Les jeunes enfants sont souvent limités pour exprimer des pensées et des émotions complexes. Cette barrière peut être franchie avec des méthodes d’expression qu’ils comprennent mieux, comme le dessin et la couleur. En d’autres termes, si une idée ou une émotion est trop difficile à dire ou à écrire, le dessin, la peinture, la sculpture, le collage ou de nombreuses autres méthodes (oui, le scrapbooking compte aussi) sont d’excellents substituts.

Le fait que les adultes aient plus de compétences linguistiques que les enfants ne signifie pas pour autant qu’ils comprennent mieux leurs propres émotions. Souvent, lorsqu’il s’agit de problèmes d’adultes, il est encore plus difficile de verbaliser ce qui est douloureux.

L’art-thérapie traite un large éventail de troubles mentaux et de détresse psychologique. Dans de nombreux cas, il peut être utilisé conjointement avec d’autres techniques de psychothérapie telles que la thérapie de groupe ou la thérapie cognitivo-comportementale.

On utilise l’art-thérapie pour traiter :
– Les troubles de l’apprentissage ;
– Le stress ;
– Les problèmes comportementaux ;
– Les problèmes de santé mentale ;
– Les troubles cérébraux ;
– Le stress post-traumatique ;
– L’anxiété ;
– L’addiction ;
– La dépression ;
– Les troubles de l’alimentation ;
– La déficience cognitive.

Une séance d’art-thérapie

Les gens se demandent souvent en quoi une séance d’art-thérapie diffère d’un atelier artistique. Alors que ce dernier se concentre sur l’enseignement d’une technique ou la création d’un produit fini spécifique, la première consiste davantage à laisser les personnes se concentrer sur leur expérience intérieure – leurs propres perceptions, leur imagination et leurs sentiments – plutôt que de les inciter à retranscrire le monde extérieur.

Les art-thérapeutes guident les séances. Ce sont des professionnels formés à la fois en art et en thérapie. Ils connaissent le développement humain, les théories psychologiques, la pratique clinique, les traditions spirituelles, multiculturelles et artistiques ainsi que le potentiel de guérison de l’art.

Ils sont formés pour reconnaître les rôles que la couleur, la texture et les différents supports artistiques peuvent jouer dans le processus thérapeutique et comprendre comment ces outils peuvent aider à révéler les pensées, les sentiments et les dispositions psychologiques de chacun.

Avec leur aide, les participants apprennent à décoder les messages non verbaux, les symboles et les métaphores de leurs créations et accèdent dès lors à des clés essentielles pour interpréter et mieux comprendre certains sentiments et comportements problématiques ou douloureux.

Comme pour toute forme de thérapie, le patient explique lors de la première session pourquoi il sollicite l’aide du thérapeute. Celui-ci précise ensuite ce qu’il peut apporter en retour. Ensemble, ils élaborent un plan de traitement qui consiste à créer une forme artistique.

L’art-thérapeute fournit divers supports artistiques tels que la peintures, l’argile ou d’autres matériaux pour aider le patient à exprimer et à explorer ses émotions, à développer sa perspicacité et à donner un sens à des expériences de vie difficiles. Le travail se fait dans un cadre bienveillant et confidentiel.

Il n’est en aucun cas question de porter un jugement sur la qualité de l’œuvre. Les séances sont généralement non directives et dirigées par le patient, bien que le thérapeute puisse proposer des thèmes. Cela peut avoir lieu dans un contexte individuel ou de groupe.

L’art-thérapie n’est pas un cours d’art ni un exercice récréatif (ce qui n’empêche pas les séances d’être agréables). Aucun pré-requis artistique n’est nécessaire. En fonction de l’âge, des besoins et de la capacité d’attention et de concentration du patient, une session dure généralement entre 30 et 60 minutes. La fréquence des séances est déterminée lors de l’évaluation initiale.

Pour conclure

Il existe différentes formations en art-thérapie (courtes, longues, certifiantes, etc.). D’une manière générale, elles sont assez chères (on atteint vite plusieurs milliers d’euros).

Si vous êtes intéressé(e) par cette technique passionnante sans pour autant être prêt(e) à casser votre tirelire ou vendre un rein, il en existe une de qualité (testée et approuvée par l’auteur de ces mots).

Composée de 8 modules (à télécharger), cette formation à distance couvre notamment des notions de base en psychologie, les vertus thérapeutiques de l’art, la couleur et ses représentations, les pathologies et troubles du patient ou encore comment mettre en place une séance ainsi que les différents moyens d’expression artistique.

Le contenu est riche et pertinent et offre un bon aperçu de l’art-thérapie. C’est une base solide pour débuter sans se ruiner.

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