On vit une époque formidable. Tout est accessible en 3 clicks dès le lendemain. C’est simple, efficace et même vivement encouragé. La société dans laquelle on vit nous incite constamment à consommer davantage. Comme si le bonheur se trouvait dans la possession. Et si on n’est pas heureux avec 10 paires de chaussures, essayons avec 15, puis 20. Puis on réalise que l’accumulation crée de l’insatisfaction. Plus on possède moins on est heureux. Et si on laissait tomber ce qui n’est pas nécessaire pour revenir à l’essentiel? Simplifier pour se retrouver?

Donner pour se libérer

Il était une fois Joshua, 28 ans. Il possède tout ce qu’il a toujours désiré: un salaire confortable, des voitures de luxe, des tonnes de vêtements, une grande maison avec plus de toilettes que d’habitants. Le rêve américain dans toute sa splendeur.

Cette année-là, son mariage pique du nez et sa mère meurt. Ces deux événements l’amènent à s’interroger sur sa vie. Il prend conscience que les objectifs qu’il se tue à atteindre, le succès professionnel, la réussite sociale, la richesse, ne lui correspondent pas. Ce fameux rêve américain qu’il vit tous les jours n’est tout simplement pas le sien. Ce qu’il est supposé vouloir et posséder n’est pas ce qu’il veut.

En vidant l’appartement de sa mère, il trie les affaires pour les stocker dans un garde-meuble. Alors qu’il s’apprête à tout garder, il réalise une chose importante: il n’est pas nécessaire de garder des boîtes qu’on n’ouvre pas pendant 20 ans pour se souvenir d’une personne. Les souvenirs ne sont pas dans les objets, ils sont en nous. Joshua fait alors la seule chose qui s’impose: se séparer de tout. Il vend une partie et donne le reste (en gardant toutefois l’un ou autre objet avec une valeur sentimentale). En d’autres mots, il lâche prise.

Ce geste sert de déclic. Il libère Joshua qui en profite pour remettre sa vie, et son mode de vie, en question. Tout va bien, en apparence, mais non, tout ne va pas bien. Il gagne beaucoup d’argent, en dépense encore plus. Ses cartes de crédit, ses armoires, son garage, tout déborde. L’accumulation se fait à tous les niveaux. Il est temps de changer sinon il va exploser en vol. Il sait, il sent qu’il doit simplifier. La question principale devient alors: comment amélioer la vie avec moins?

En 2010, Joshua Fields Millburn crée The Minimalists avec son ami Ryan Nicodemus. Leur objectif? Vivre mieux avec moins. Commence alors l’aventure minimaliste. Un site, des milliers, puis des millions de lecteurs, des podcasts, des livres, des conférences et un film.

Questionner l’attachement aux choses

Sur le fronton du temple d’Apollon à Delphes, il y a a deux maximes. La première est célèbre: « Connais-toi toi-même. » La seconde est moins connue mais tout aussi pertinente: « Rien de trop. » Ce sens de la mesure cher aux Grecs se retrouve dans le minimalisme.

On pense souvent, à tort, que notre valeur découle des choses que nous possédons. Cette fausse représentation de nous-même nous éloigne de qui on est. La société de consommation essaye de faire croire qu’il nous manque quelque chose et qu’il faut remplir ce vide. Les produits et services étant notre bouée de sauvetage, la promesse d’un monde meilleur et de lendemains heureux.

Cela ne veut pas dire qu’il y a un problème inhérent à la possession de biens matériels. Qu’y a-t-il de mal à posséder des choses? Aucun. Si vous avez besoin d’acheter quelque chose, achetez-le. Et si possible optez pour la qualité. Mais questionnez aussi votre besoin et votre attachement aux choses matérielles.

Au mieux, elles nous apaisent temporairement. Au pire, elles nous ruinent la vie et ne laissent qu’un grand vide dans un océan de désespoir (et de bibelots). La vérité est que nous allons tous mourir et accumuler ne nous sauvera pas de ce destin. Accumuler pour combler n’y changera rien.

Plus riche est celui qui se contente de peu car la richesse est dans la nature (Socrate)

Consommer moins pour vivre plus

Le problème n’est pas la consommation, mais la consommation compulsive, et le sens que nous attribuons aux choses, abandonnant au passage notre santé, nos relations, nos passions ou notre croissance personnelle. Il ne s’agit pas de rejeter la société mais d’y vivre en harmonie en étant plus conscient de nos décisions quotidiennes.

Le but n’est pas de tout jeter pour ne plus rien posséder mais de ne posséder que ce qui ajoute une réelle valeur à la vie. Chaque possession doit avoir une fonction, un but, ou apporter de la joie. Le reste peut être écarté. A chacun de déterminer ce qui est nécessaire et superflu. Il n’y a pas de règles ou de cahier des charges. Une chose peut être indispensable pour une personne et tout à fait secondaire pour une autre.

S’engager sur ce chemin c’est faire face à des questions délicates, désagréables. Par exemple, pourquoi donne-t-on tant d’importance à ses affaires? Qu’est-ce qui est vraiment important dans la vie? Quand sommes-nous devenus si insatisfaits? Quelle est notre définition du succès?

Ce sont des questions complexes avec des réponses difficiles. Mais si nous n’y répondons pas honnêtement, le nettoyage que nous aurons fait ne servira à rien. D’autres objets remplaceront les précédents. Retour à la case départ. Avec un sentiment d’échec en plus.

Le changement équivaut à l’incertitude, et l’incertitude équivaut à l’inconfort. Et l’inconfort n’est jamais une partie de plaisir. Mais lorsque nous apprenons à apprécier le processus de changement, lorsque nous faisons le choix de l’incertitude, nous obtenons tous les avantages du changement. C’est comme ça que nous pouvons grandir.

4 principes pour aller à l’essentiel

1. Réaliser qu’on possède suffisamment

Il s’agit de se satisfaire de ce que l’on a. Acheter des choses dont on n’a pas besoin est un signe d’insatisfaction. On en veut toujours plus et chaque nouvel achat tente de combler la frustration créée par le précédent. Il existe une technique efficace pour ne plus acheter de choses inutiles. Elle consiste à indiquer sur une liste la date à laquelle on désire acheter un objet et de s’abstenir de le faire durant 30 jours. Si après 30 jours on veut toujours l’acheter, on le fait. Généralement le désir s’est émoussé et l’envie a disparu.

2. Réduire le nombre d’objets accumulés

Eliminer ce qui est inutile pour laisser la place à ce qui est important. Définir et identifier ce qui est nécessaire, non pas parce que nous y sommes habitués mais parce qu’on en a réellement besoin.

3. Simplifier ce que l’on fait

Simplifier son emploi du temps, réduire ses engagements, éliminer les tâches inutiles pour se concentrer sur les choses importantes.

4. Désencombrer

L’accumulation coûte cher, nécessite de l’espace et génère du stress. Elle reflète notre état émotionnel, nos peurs du manque et du lâcher prise. Désencombrer demande un peu de discipline et exige de mettre en place de nouveaux automatismes mais ce n’est pas compliqué si c’est fait de façon consciente.

Une méthode infaillible pour désencombrer: Si vous n’avez pas utilisé quelque chose depuis 6 mois (12 mois pour les vêtements), séparez-vous en. Si la durée de 6 mois vous effraie, étendez-la à 12 mais pas au-delà. Le résultat sera déjà édifiant. Cela permettra d’éliminer tout ce qu’on garde « au cas où » et qu’on n’utilise jamais. Si vous hésitez vraiment pour certaines choses, mettez-les dans une boîte avec une date et revenez-y dans 6 mois pour voir si vous les avez utilisées ou pas.

La simplicité est la sophistication ultime (Leonard de Vinci)

Les bénéfices de vivre avec moins

moins de distraction: l’esprit ne part plus dans tous les sens et peut se concentrer sur le moment présent;
moins de gaspillage: on se débarrasse des choses inutiles;
moins de dépenses: ne consommer que ce qui est nécessaire permet de faire des économies
moins de stress: un espace désencombré est propice à la relaxation;
plus de liberté: se sentir libre d’avoir est un sentiment très apaisant;
plus écologique: diminuer l’empreinte carbone et la consommation de plastique contribue au monde de demain;
plus de temps libre: ne plus acheter, consommer, ranger, nettoyer. Imaginez tout ce temps qui se libère pour créer…

Un défi pour commencer à simplifier: Chaque jour pendant 30 jours, supprimez un objet qui n’ajoute pas de valeur à votre vie.

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