Mon premier est un réveil qui ne fait pas de bruit, mon deuxième ne s’achète pas, mon troisième est déjà en vous et mon quatrième à un nom en 3 syllabes. Une idée? Non? Une question simple: qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin? Si la première réponse qui vous vient à l’esprit est « payer le loyer », l’ikigai pourrait vous intéresser. Si vous répondez autre chose aussi.

Il était une fois…

Une femme dans le coma est sur le point de mourir. Elle aperçoit la fameuse lumière blanche, celle du bout du tunnel, et réalise qu’elle est aux portes du paradis. Au moment de l’enregistrement de son séjour, le manager lui demande: « Qui êtes-vous? »
– je suis la femme du président de la plus grosse entreprise de…
– je n’ai pas demandé de qui vous êtes la femme mais qui vous êtes.
– je suis la mère de 4 enfants.
– je n’ai pas demandé de qui vous êtes la mère mais qui vous êtes.
– je suis enseignante.
– je n’ai pas demandé quelle est votre profession mais qui vous êtes.
Etc.

A chaque réponse, elle entend la même chose « qui êtes-vous? »
Evidemment son admission est refusée et elle est renvoyée sur terre.
Une fois guérie, elle décide de découvrir qui elle est vraiment.

L’homme lui demandait quel était son ikigai.

L’antichambre du bien-être

Iki-quoi??? Traduit littéralement, le teme japonais « ikigai » signifie « vie » (iki) et « valeur » (gai). Au Japon, ce terme illustre cette propension à donner du sens à la vie. Ce concept peut être associé au bien-être mais il faut lui ajouter les notions de joie, d’objectif et de sens.

Bonne nouvelle, nous avons tous l’ikigai en nous. Chez certains il exprime son plein potentiel, chez d’autres il est planqué sous le tapis par peur, résignation ou d’autres raisons plus obscures.

L’ikigai c’est ce qui remplit vos jours, et éventuellement vos nuits. C’est cette petite flamme intérieure qui vous fait avancer, quelle que soit la situation. Celle qui ne s’éteint pas, même par grand vent. C’est une source de satisfaction profonde, une force intérieure qui donne les grandes directions de l’existence.

Ce n’est pas la perspective de boucler un projet professionnel ou de partir en vacances. C’est plus profond. C’est le sens qu’on donne à sa vie et qui fait se dire « c’est pour ça que j’ai envie de me battre ». Il définit notre identité et nous aide à exprimer notre potentiel. Son ancrage est tellement profond que l’abandonner équivaut à une rupture douloureuse avec un sentiment de dévastation immense.

L’image la plus courante pour l’illustrer est celle d’un diagramme de Venn avec l’ikigai à l’intersection de 4 cercles qui représentent:

  1. Ce que vous aimez;
  2. Ce en quoi vous êtes bon;
  3. Ce qui vous importe (la cause que vous défendez, ce dont le monde a besoin);
  4. Ce pour quoi vous pouvez être payé (quelle valeur vous pouvez apporter).

Mélangez 1et 2, vous obtenez votre passion.
Mélangez 1et 3, vous obtenez votre mission.
Mélangez 2 et 4, vous obtenez votre profession.
Mélangez 3 et 4, vous obtenez votre vocation.

L’ikigai c’est donc secouer dans un shaker (pas à la cuillère) ce qu’on aime, ce à quoi on est bon, ce dont le monde a besoin et ce pour quoi on peut être payé et servir le tout bien frais.

L’ikigai n’est pas le rêve d’une vie. Il change, évolue et donne de la valeur à la vie sans être nécessairement lié à la réussite économique. Il est personnel. C’est le reflet du monde mental dans lequel une personne se sent bien. Il peut se retrouver dans un ou plusieurs domaines de la vie. C’est la somme de petites joies du quotidien qui donne une vie plus épanouissante dans son ensemble. L’ikigai permet d’avoir une compréhension claire de la raison pour laquelle vous faites ce que vous faites.

Imaginons un athlète de haut niveau qui consacre une grande partie de sa vie à la compétition. Lorsqu’il prend sa retraite, un vide apparaît et deux options s’offrent à lui, sombrer dans la dépression ou donner un nouvel élan à sa vie. Plutôt que collectionner les bouteilles de whisky vides, il se pose une question fondamentale: « Qu’est-ce que je voulais accomplir en faisant du sport? » Il réalise que ce qu’il voulait en participant à des compétitions, c’était changer les perceptions des gens. Il décide donc de créer une activité qui soutient les entreprises liées au sport. Une seconde carrière peut alors commencer. Un bel exemple d’ikigai…

Les étapes pour trouver votre ikigai

La réalisation de votre ikigai ne se fait pas du jour au lendemain. Il varie selon les générations et est modifié par les activités sociales. Il englobe des activités concrètes, les conditions de vie, les relations à autrui, les attitudes intérieures, les centres d’intérêt, les rêves et les objectifs. Pour le trouver, il faut explorer et expérimenter.

Voici un processus en 5 étapes pour développer votre ikigai:

1. Répondre à 4 questions fondamentales
• Qu’aimez-vous?
• En quoi êtes-vous bon?
• De quoi le monde a-t-il besoin?
• Pour quoi pouvez-vous être payé?

Vous ne trouverez peut-être pas les 4 réponses tout de suite mais ce que vous obtiendrez sera un bon indicateur. Prenez le temps. Au cours des jours ou des semaines qui suivent, notez au fur et à mesure les idées qui apparaissent. Plus important encore, soyez honnête envers vous-même. N’ayez pas peur de noter tout ce qui vous vient à l’esprit, aussi fou ou irrationnel que cela puisse paraître. C’est entre vous et vous-même, ne vous censurez pas.

Si les 4 questions initiales vous rendent aussi réceptif qu’un poisson devant un grille-pain, essayez celles-ci:
• Qu’aimeriez-vous voir changer dans le monde?
• Dans votre vie actuelle, qu’est-ce qui vous rend heureux?
• Pourquoi sortez-vous du lit le matin?
• Avez-vous eu des moments qui ont changé la vie et qui sont apparus comme des éclairs de clarté?

Si vous calez, n’hésitez pas à demander à vos proches ce qu’ils considèrent comme vos meilleures qualités. Toute aide extérieure est bienvenue.

2. Faire un dessin
Avoir des idées, c’est bien. Les visualiser c’est mieux. Certaines personnes vont dessiner des cercles imbriqués pour chaque catégorie (cf. un diagramme de Venn), tandis que d’autres vont préférer un quadrant, en écrivant des idées répondant à plusieurs critères près de l’intersection des axes. Peu importe, choisissez ce qui vous parle le plus. Ne vous souciez pas de l’esthétique, la carte ne doit pas être belle. Elle doit juste organiser vos pensées. C’est un document vivant qui va changer et évoluer avec le temps.

3. Voir votre recherche d’ikigai comme une aventure
Ce n’est pas seulement une manière ludique d’évaluer votre chemin actuel, mais c’est aussi un rappel que votre ikigai évolue au fur et à mesure que vous grandissez en tant que personne.

4. Tester
Une fois que vous identifier votre ikigai, il est temps de prendre des mesures concrètes dans le monde réel. Testez et voyez si le fait de poursuivre ce but est réellement fait pour vous. Cela peut impliquer de changer vos priorités ou d’explorer de nouvelles directions. Par exemple, vous pouvez peut-être choisir de moins voyager et de donner la priorité au temps passé en famille. Vous pourriez changer complètement de carrière si votre objectif actuel n’est pas étroitement lié à votre ikigai.

Dans certains cas, dire «oui» à son ikigai peut nécessiter de dire «non» plus souvent. Supprimer certains engagements afin de se concentrer pleinement sur ses priorités. Cela signifie créer des limites solides pour protéger son temps et se permettre d’entrer dans un état psychologique où son ikigai peut prendre vie.

Passez votre ikigai à travers le test du samedi matin: Que faites-vous un samedi matin quand vous n’avez rien à faire?

5. Entourez-vous.
Si la mise au jour de votre ikigai vous amène à opérer de grands changements personnels ou professionnels, entourez-vous de personnes bienveillantes qui peuvent vous soutenir et vous conseiller. Essayez de trouver une sorte de mentor pour vous guider et vous faire bénéficier de son expérience et de son soutien moral.

Une fois ce travail d’introspection terminé, vous tiendrez probablement votre ikigai. L’étape suivante consiste à le mettre en pratique. Y a plus qu’à…

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